plaque de lanternes magiques
1900 / France - Seine-et-Marne / Verre
La plaque présentée fait partie d’une série de 6 plaques en bandes qui racontent les aventures de Phileas Fogg, héros du célèbre roman de Jules Verne publié en 1873. Ces plaques fixes, composées de plusieurs scènes et de petits textes explicatifs, sont imprimées par la technique de la décalcomanie, que le fabriquant Lapierre a su développer industriellement au tournant du XXème siècle. En 1659, le hollandais Huygens mit au point la première recréation lumineuse et artificielle du mouvement sur plaque de verre. Depuis cette date, le principe de la projection d'images fixes ou animées, grâce à une lanterne, est resté identique : c'est une boîte d'optique qui projette sur un écran blanc des images qui sont reproduites sur une plaque selon divers procédés d'impression (peinture à la main, décalcomanie, report chromolithographique, positif photographique, etc.). D'abord projetées dans les cabinets de savants et dans les salons d'artistes, puis lors de spectacles de rues par les colporteurs et par les pamphlétaires jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, les images sur plaque sont ensuite mises en scènes dans des salles de spectacle pour des fantasmagories effrayantes. Au milieu du XIXème siècle, elles participent des divertissements privés au sein du cercle familial. Les forains, les marionnettistes, les gens de cirque les adoptent également pour enrichir leurs numéros et attractions. Elles sont enfin employées à des fins didactiques pour l'enseignement et scientifiques, lors de conférences, jusqu'au milieu du XXème siècle : c'est ainsi toute une panoplie d'usages qui illustrent et témoignent de ce que fut le monde imaginaire des hommes et des femmes véhiculé par les lanternes magiques ou de projection pendant près de trois siècles.